dimanche 13 mars 2016

MON PIGEON RAYMOND





Bonjour à tous les jardiniers enfin ensoleillés... et aux autres !

Le printemps est là, le printemps est proche !




Ma tortue grecque est sortie d'hivernage. Elle ne s'y trompe pas, elle, on peut se fier à son instinct.

J'ai moi aussi mon petit élevage, vous le voyez.
A la ferme, je m'occupe à l'occasion des vaches de ma femme :




J'aime bien. ici, vous avez Pollita, bientôt mère pour la seconde fois.

A la maison, j'ai aussi des poules et des pigeons.
Et Raymond. 
Raymond, je vous le raconte :







"Je vous avais parlé en son temps de ce vanneau blessé trouvé au bord du chemin, autour de la Toussaint. Je l'avais ramené à la ferme.

La quantité de vers qu'il engloutissait dans la minute m'avait laissée tellement désemparée que j'avais renoncé à le garder. Ne voulant quand même pas le relâcher dans une nature hostile à un pauvre oiseau blessé, j'avais confié mon réfugié à Olivier. Mon grand mari est comme moi, il fond devant un animal vulnérable à soigner.

Il s'acquitta de la tâche, avec soin et meilleure volonté.

Entre temps, Hélène, ma mienne amie, trouva sur les trottoirs Bayonnais, un pigeon commun en détresse.
Elle aussi est sensible à notre règne animal. 
Le volatile, tout jeune encore, se faisait perforer le crâne par ses congénères sans pitié. Le monde animal est ainsi, dur et cruel pour le faible sans défense.
Il était en bien mauvaise posture, et mon Hélène alarmée le prit dans ses blanches mains pour le sauver d'une fin assurée.
Elle le ramena chez elle, le nourrit et le veilla. Avec ses filles, Flore et Blanche, elle baptisèrent le rescapé, et le nommèrent : Raymond.
Raymond, ne me demandez pas pourquoi, Raymond, c'est comme ça.

Le petit pigeon se remit. 
Hélène habite en ville. L'oiseau était dans une petite cage. 
Hélène, informée du vanneau landais, me proposa de lui donner Raymond en compagnon de fortune. Deux rescapés, qui auraient leurs malheurs à se raconter...

Elle m'amena Raymond à la jardinerie, et je le fit transiter par Olivier jusque dans ses Landes.

Le vanneau mourut. Trop nourri ou pas assez, je ne sais. Toujours est-il qu'un jour, revenant de la ferme, Olivier le trouva sur le flanc, petite boule emplumée ébouriffée et refroidie.
Mon mari se désola de cette triste fin. Le volatile lui était devenu familier, trépignant dans sa petite volière quand il le voyait arriver, reconnaissant sûrement son pourvoyeur en vers.

Le vanneau mort n'avait plus besoin de compagnie pour se distraire.

Raymond emménagea dans son nouvel habitat, juste en face du poulailler landais d'Olivier.
Avec ses poules, Olivier élève des pigeons domestiques. Raymond se retrouva comme en famille, mais en sécurité derrière le grillage de sa volière particulière."


Enfin, c'est ma femme qui vous le raconte.
Elle aime bien ça, ma femme, raconter.
Et nos bêtes, grandes et petites, nous les aimons tous les deux.

Nos jardins vont s'éveiller d'une activité longtemps contenue, dans les jours prochains.
Et moi, comme tous les jardiniers, je vais pouvoir me mettre enfin à mon ouvrage favori.

A bientôt !



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